La valorisation des coproduits s’impose aujourd’hui comme un levier stratégique incontournable pour les entreprises agroalimentaires. Ses bénéfices ne sont plus à démontrer, tant sur le plan économique - création de nouvelles sources de revenus, optimisation des ressources - que sur le plan environnemental, avec une réduction significative du gaspillage et de l’empreinte carbone.
Cependant, un constat s’impose : un projet de valorisation ne s’improvise pas. Il exige un investissement réel de la part de l’entreprise, qu’il s’agisse de développement produit, d’adaptation de process ou encore de conquête de nouveaux marchés. Pour maximiser les chances de succès, il est essentiel d’adopter une approche systémique et d’intégrer l’ensemble des dimensions qui structurent un projet d’innovation.
Une approche en cinq dimensions
1. Dimension technologique
Cette dimension concerne les outils, équipements et solutions digitales nécessaires à la transformation. La technologie joue souvent un rôle de catalyseur : elle permet d’extraire, transformer ou stabiliser les coproduits afin d’en faire des ingrédients ou produits à valeur ajoutée. Toutefois, la technologie seule ne suffit pas à garantir la réussite du projet.
2. Dimension comportementale et marché
Toute innovation implique une évolution des pratiques. Cette dimension s’intéresse aux facteurs humains, sociaux et culturels qui conditionnent l’adoption d’une solution. Même la meilleure innovation technologique échouera si les équipes, les partenaires ou les consommateurs ne modifient pas leurs habitudes.
3. Dimension politique et gouvernance
Le cadre réglementaire et institutionnel peut constituer un facilitateur ou un frein. Normes sanitaires, législation sur les sous-produits, politiques de soutien à l’économie circulaire : autant d’éléments qui doivent être anticipés et intégrés dès la conception du projet.
4. Dimension organisationnelle et business
Valoriser des coproduits suppose souvent d’adapter son modèle économique, ses processus internes et parfois même son positionnement stratégique. Cela peut impliquer la création de nouvelles lignes de produits, de nouveaux partenariats ou encore l’exploration de segments de marché inédits.
5. Dimension chaîne de valeur
Enfin, la valorisation dépasse rarement le cadre d’une seule entreprise. Elle nécessite une collaboration à l’échelle de la chaîne alimentaire : fournisseurs, transformateurs, distributeurs, acteurs de recherche… De nombreux défis systémiques ne peuvent être relevés que collectivement.
Le financement : un levier déterminant
Au-delà des aspects techniques et organisationnels, le financement demeure un enjeu majeur. Développer un prototype, tester un marché ou adapter une ligne de production représente un coût important, particulièrement pour les PME.
C’est dans cette optique que s’inscrit le projet Européen GRAPPA, dans lequel Wagralim collabore activement. Ce projet vise à soutenir concrètement les entreprises souhaitant développer des initiatives de valorisation de coproduits alimentaires.
Un appel à projets sera lancé dans les prochaines semaines à destination des entreprises du secteur.
Modalités pratiques de l’appel
Financement de projet (à partir de TRL 6) pouvant aller jusqu’à 60 000 € par entreprise
Lancement de l’appel prévu fin mars (date exacte à confirmer)
Public cible de l’appel : PMEs
Cette opportunité constitue un véritable coup d’accélérateur pour transformer une idée en projet structuré, en bénéficiant d’un soutien financier et d’un accompagnement adapté.