Une crise sans précédent : quelle place pour l’innovation ?
31 mars, 2022 par
Une crise sans précédent : quelle place pour l’innovation ?
WAGRALIM, HEROUFOSSE François


Le secteur alimentaire est à nouveau en pleine ébullition : 2 ans presque jour pour jour après l’éclatement de la pandémie en Belgique, et avec depuis lors une tension sur les prix et la disponibilité des matières premières et autres fournitures qui perdure, nous voici confrontés à une nouvelle situation historique.

Que ce soit par manque direct de matière première (huiles, blé..), par un perte de visibilité sur les prix, par effet domino ou encore par le coût de l’énergie qui atteint des sommets, c’est tout un système qui est à nouveau perturbé.

Alors en temps de crise, est-ce le moment de penser innovation ?


La réponse est plus qu’affirmative : sur le court terme, les entreprises cherchent des solutions de remplacement, ou encore des moyens de maitriser les prix. Il s’agit de s’appuyer sur les ressources, solutions et autres compétences existantes en Wallonie, en Belgique et au-delà pour y arriver. Wagralim, c’est avant tout un réseau national et international, et la capacité de vous connecter avec des partenaires ou des experts afin de trouver des solutions concrètes. Nous l’avons fait efficacement ces deux dernières années, et sommes plus que jamais prêts à appuyer les entreprises dans la résilience.


Quelques exemples :

- Remplacer une matière grasse : quelles alternatives ?

- Reformuler pour maîtriser les coûts : qui peut m’apporter une expertise ?

- Simplifier les emballages : comment garantir la conservation ?

- Comprendre le consommateur: comment réorganiser ma gamme ?

Mais il faudra également nous atteler très vite à un second chantier : comment rendre notre système alimentaire et nos entreprises moins vulnérables lors des prochaines crises ? C’est là qu’un autre type d’innovation doit prendre le relai, ambitieuse, visionnaire et très certainement collaborative. Comment accéder à cette innovation, comment l’intégrer dans l’entreprise, et quelle stratégie d’innovation déployer ? C’est aussi le challenge que Wagralim entend relever avec vous.

Quant aux membres, nous avons pu recueillir le témoignage d'Olivier Mignot, directeur général chez Pasta della Mamma qui nous a partagé son expérience face à la crise. 

1) Quel problème avez-vous rencontré ?

Pasta della Mamma a dû faire face à une forte hausse du prix des matières premières et même parfois d'une pénurie de certaines matières. Comme exemple, le prix du blé ainsi que l'huile de tournesol ont considérablement augmenté, notre société a donc dû trouver des alternatives concernant l'huile de tournesol. Les œufs eux aussi connaissent une augmentation importante (X2) suite à une grippe avière dans le sud-ouest de la France qui a provoqué l'abattage de millions de volailles. Seuls les légumes n'ont pour l'instant pas encore subi d'augmentation de prix mais pour combien de temps encore ?

Un autre facteur qui rentre en compte dans cette crise est la problématique de l'emballage. Son prix explose et les délais pour en obtenir augmentent. Pasta della Mamma s'est donc réorganisée pour éviter des ruptures auprès de ses clients et garantir un service de qualité.


2) Quel(s) impact(s) ces problèmes ont-ils généré sur votre entreprise ?

Le premier impact est d'ordre financier. Il est aujourd'hui impossible de répercuter directement chez nos clients les hausses que nous subissons sans arrêt. De plus, nous avons dû, d'autant plus qu'auparavant, travailler avec parcimonie mais aussi se montrer vigilant face aux déchets potentiels. D'une certaine manière, nous avons rendu notre entreprise encore plus responsable qu'elle ne l'était déjà.


3) Quelles solutions avez-vous mis en œuvre pour faire face à ces changements ?

Nous avons établi une communication efficace et transparente à transmettre aux clients. Nous nous sommes également encore plus rapprochés de nos fournisseurs par un contact actif et permanent, une cohésion ainsi que de la collaboration. Enfin, nous travaillons à présent dans un circuit plus court : Belgique, Allemagne, France, Pays-Bays. L'huile de tournesol venant d'Ukraine autrefois est à présent remplacée par le colza aujourd'hui.


4) Quelles adaptations (étiquetage, acceptation par le client…) avez-vous dû mettre en place ?

Les étiquettes et fiches techniques de certaines recettes ont dû être adaptées dans le cas où on limite l'utilisation de l'huile de tournesol et on la remplace par davantage de légumes dans nos farces.


5) Combien de temps avez-vous pris pour mettre ces adaptations en vigueur ?

Suite à la crise actuelle, il a fallu aller vite. La covid-19 nous a appris à réagir rapidement. Nous avons donc réalisé ces adaptations en un temps record en testant, goutant et validant les changements en interne.


Vous vous posez des questions ? Le Pôle sera « sur le pont » dans les prochaines semaines et prochains mois, avec ses partenaires wallons et belges, pour vous aider à traverser ces temps agités avec agilité. 

N'hésitez pas à contacter emmanuel.vanzeveren@wagralim.be pour plus d'infos.