L'industrie agroalimentaire traverse une période marquée par la volatilité des marchés mondiaux, les changements réglementaires et l'évolution des comportements des consommateurs. Chez Coface, notre rôle consiste à analyser ces dynamiques et à aider les entreprises à prendre des décisions stratégiques éclairées.
En tant que membre de Wagralim, Coface partage dans cet article un aperçu clair et accessible des tendances qui façonneront les marchés agroalimentaires en Europe et en Belgique en 2026.
Marchés agricoles mondiaux : la pression sur l'offre persiste
Les marchés mondiaux des céréales restent sous pression :
Le soja est la seule culture majeure à afficher une légère augmentation d'une année sur l'autre.
Le riz a connu la baisse la plus forte, en raison d'une offre mondiale abondante et d'une révision à la baisse des prévisions de prix pour 2025.
Deux éléments détermineront, entre autres, l'évolution des prix au cours des prochains mois :
l'avancement de la récolte de maïs aux États-Unis,
les conditions météorologiques dans l'hémisphère sud.
Dans le segment des matières premières tropicales, le café a enregistré de bons résultats (+35 % en glissement annuel), soutenu par des niveaux de stocks faibles et les droits de douane américains affectant les exportations brésiliennes.
Les prix du cacao ont baissé par rapport à leurs niveaux historiques, mais restent élevés en raison des contraintes persistantes qui pèsent sur la production en Afrique de l'Ouest.
Céréales européennes : inversion des prix du blé et du maïs
Pour la première fois depuis 2022, le blé européen se négocie à un prix inférieur à celui du maïs. Cette inversion reflète :
une forte disponibilité de blé, notamment grâce à des récoltes favorables en Roumanie et en Espagne,
une pénurie persistante de maïs européen, les stocks continuant de baisser.
Un euro plus fort pourrait exercer une pression à la baisse limitée sur les prix, mais le principal facteur de cette inversion reste le déséquilibre entre l'abondance du blé et la pénurie de maïs.
Règlement de l'UE sur la déforestation : le report à fin 2026 apporte un soulagement à court terme
La mise en œuvre du règlement de l'UE sur la déforestation (EUDR) a été reportée à fin 2026.
Ce règlement introduit des exigences strictes en matière de diligence raisonnable et de traçabilité pour les matières premières liées à la déforestation, telles que le cacao.
Ce report est très important pour l'Afrique de l'Ouest, où la production est dominée par de petits exploitants agricoles qui ne sont pas encore prêts à se conformer à ces exigences.
Étant donné que près de 60 % du cacao d'Afrique de l'Ouest est exporté vers l'UE, ce report élimine la menace immédiate d'une perturbation majeure de l'approvisionnement en 2025-2026.
La pression à la baisse sur les prix à court terme est donc forte, même si les prix du cacao devraient rester historiquement élevés en raison des défis structurels dans la région.
Le secteur agroalimentaire belge : résilient mais sous pression
En Belgique, les ventes de produits alimentaires sont restées relativement stables au cours des deux dernières années, mais les volumes continuent de baisser, les consommateurs étant confrontés à des prix élevés.
Les détaillants alimentaires spécialisés, souvent positionnés dans le segment haut de gamme, sont particulièrement touchés.
Une amélioration pourrait se produire en 2026, car le pouvoir d'achat réel devrait se renforcer.
La production alimentaire est également restée globalement stable et a enregistré une augmentation en 2025. En revanche, les producteurs de boissons continuent de connaître une baisse de leur production, reflétant les tendances observées dans une grande partie de l'Europe. Cette faiblesse est due à la fois aux pressions sur les prix et à des changements de comportement à long terme vers une consommation d'alcool plus faible.
Dans l'ensemble, les capacités de production dans le secteur ont continué de baisser mais restent modérées, tandis que les stocks ont légèrement augmenté, ce qui laisse présager une offre excédentaire potentielle.
Insolvabilités : une augmentation généralisée en 2025
En 2025, les insolvabilités dans le secteur agroalimentaire belge ont augmenté de 8,4 %, touchant environ 350 entreprises.
Les segments les plus touchés sont l'élevage, l'aquaculture et les activités de transformation connexes.
Les grossistes en produits alimentaires et boissons ont également enregistré une augmentation de +8,6 %, soit environ 150 faillites.
Par rapport aux niveaux précédents la pandémie, les faillites restent nettement plus nombreuses dans les secteurs de la production animale et de l'aquaculture, ce qui reflète les pressions structurelles sur les coûts et les effets des récentes épidémies (fièvre catarrhale ovine et grippe aviaire).
Conclusion : des risques persistants, mais un secteur qui s'adapte
Tous les indicateurs montrent que le secteur continue de fonctionner sous une pression considérable : hausse des coûts, pouvoir de fixation des prix limité, faible utilisation des capacités de production.
Certaines entreprises bien structurées peuvent saisir des opportunités, mais dans l'ensemble, le secteur reste dans un environnement à risque, avec une amélioration attendue à court terme.
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