Réduire l’usage des intrants chimiques tout en maintenant la performance agricole : c’est l’ambition d’Agricells. La biotech wallonne développe des biostimulants et des solutions de biocontrôle capables d’accompagner la transition vers une agriculture plus durable. Un positionnement à la croisée de la biotechnologie et de l’agriculture, porté par une vision très claire portée par ses fondateurs, Vincent Vandamme et Maxence Semacoy Albertini.
« Je viens du monde de la biopharmacie. En rencontrant mon associé, nous avons vu l’opportunité de développer une société autour d’une technologie bactérienne debiostimulation. C’est ainsi qu’est né Agricells. » Vincent Vandamme, Agricells
Aujourd’hui, l’entreprise développe et commercialise (B2B) des biostimulants destinés à améliorer la croissance et la résilience des cultures. Ces produits peuvent être appliqués de différentes manières : en enrobage de semences ou directement au champ, grâce à plusieurs formulations adaptées aux pratiques agricoles.
Des biosolutions déjà présentes à l’international
Les premiers produits de biostimulation d’Agricells sont aujourd’hui commercialisés dans treize pays européens, ainsi qu’aux États-Unis et dans plusieurs pays africains. Le Canada, le Maroc, le Kazakhstan,… sont également dans la liste des futurs objectifs commerciaux.
Pour développer les États-Unis, qui est un pays immense, stratégiquement, ils se sont tout d’abord attaqués à 9 états du Sud en partant de la Floride et de la Californie mais ils développeront très bientôt 9 états supplémentaires en remontant vers le nord et d’autres types de cultures.
De manière à accélérer leur développement commercial aux US, ils ont également créé début 2026 une filiale AGRICELLS Inc. qui sera le point d’appui futur en Amérique du Nord.
Parallèlement, l’entreprise poursuit ses activités de recherche et développement pour mettre au point une nouvelle génération de solutions biologiques.

« Nous travaillons actuellement sur deux nouveaux biostimulants : l’un capable de fixer l’azote, l’autre enrichi en protéines végétales issues de l’économie circulaire, qui est un projet Pôle Wagralim (NDLR : le projet Seed2Seed). Nous développons aussi plusieurs produits de biocontrôle : un biofongicide sur différentes segmentation de pathogènes et de cultures, un bionématicide visant des nématodes bien connus et un bioinsecticide basée sur une technologie disruptive. Tout ceci avec le partenariat scientifique de l’Université de Mons et de l’Université de Liège/Gembloux où nos chercheurs sont d’ailleurs internalisés »
Toutes ces innovations font actuellement l’objet d’essais en Europe en conditions réelles, notamment au champ, avec des partenaires scientifiques et industriels. Spécifiquement pour les produits de biocontrôle, des tests sont également en cours hors Europe, notamment au Brésil.
Le défi de la réglementation européenne
Si les biosolutions représentent une alternative prometteuse aux intrants chimiques, leur développement se heurte encore à des obstacles réglementaires, particulièrement en Europe sur les produits de biocontrôle.
« La réglementation européenne pour les produits de biocontrôle est extrêmement complexe, longue et coûteuse. En Europe, enregistrer un produit biologique, comme Agricells développe, peut prendre huit ans et coûter près de dix millions d’euros. Au Brésil, cela prend environ deux ans et demi pour 500 000 €. Il est dommage que les acteurs de notre domaine se tournent donc d’abord en dehors de l’Europe pour leurs innovations »
Face à ces contraintes, Agricells adopte une stratégie progressive : développer et commercialiser d’abord ses solutions de biocontrôle sur des marchés plus accessibles, avant de viser le marché européen avec des partenaires commerciaux.
Accélérer la transition vers des solutions biologiques
Au-delà de l’innovation technologique, Agricells défend une vision plus large de l’agriculture de demain.
« Comme dans la pharmacie il y a trente ans quand j’ai commencé ma carrière, l’agriculture est encore très chimique aujourd’hui. Mais on va progressivement basculer vers de plus en plus de solutions biologiques alternatives ou complémentaires. La biotech agricole va suivre la même évolution que la biotech pharmaceutique. Pour accélérer cela, il faut une volonté wallonne, belge et européenne qui nous donne les moyens financiers et réglementaires en se projetant plus dans la durée (durabilité). Cela s’est bien passé dans la pharmacie avec entre autres des processus d’enregistrement accélérés, alors pourquoi pas dans l’agriculture qui a un impact majeur sur la santé des citoyens ? »
Pour Vincent Vandamme, l’enjeu est donc aussi sociétal. La réduction des intrants chimiques répond à des préoccupations environnementales et de santé publique.
« Notre objectif est aussi de réduire l’impact des produits chimiques sur l’environnement et la santé. Nous vivons ici, en Wallonie : nous avons tout intérêt à développer des solutions plus durables et utilisables en Wallonie aussi rapidement qu’au Brésil ou aux Etats-Unis »
Prendre part à l'AGriBiotech Park
C’est lors d’une discussion au salon ABIM que Vincent Vandamme échange avec le Professeur Jacques (IIS Digibiocontrol) et Wagralim sur l’idée d’un Agri-Biotech Park.
Pour Vincent Vandamme, Co-fondateur d’Agricells et co-initiateur du projet Agri-Biotech Park, ce type d’initiative pourrait jouer un rôle structurant pour l’ensemble de l’écosystème :
« Un parc dédié à l’agribiotech permettrait de rassembler autour d’un même projet les compétences scientifiques et industrielles mais également les investisseurs privés et publics. C’est une étape importante pour accélérer le développement et la visibilité du secteur. C’est un projet ambitieux et qui doit s’inscrire dans la durée »
Tout en constituant un point de convergence pour les acteurs de la filière, l’Agri-Biotech Park restera ouvert aux collaborations avec l’ensemble de l’écosystème scientifique, industriel et entrepreneurial. L’objectif est de créer un environnement dynamique où la proximité entre recherche et entreprises facilite à la fois le passage des découvertes scientifiques vers des applications concrètes pour l’agriculture et les biosolutions, tout en renforçant le développement et la compétitivité des entreprises.
Un projet à suivre !
Agricells et Wagralim : un
partenariat au service de l’agribiotech
Membre de Wagralim depuis plusieurs années, Agricells bénéficie du réseau et des initiatives du pôle pour développer ses activités et renforcer la dynamique de l’agribiotech en Wallonie.
L’entreprise participe notamment au projet Seed2Seed, coordonné par Wagralim et porté par un consortium d’acteurs incluant Minagro, Celabor, le CARAH et la SCAM. Ce projet vise à développer de nouveaux biostimulants et a permis à Agricells de valoriser ses compétences tout en gagnant en visibilité.
Au-delà des projets collaboratifs, Wagralim joue également un rôle clé en matière de mise en réseau, de visibilité et d’accès aux marchés internationaux.
« Wagralim permet de rassembler des entrepreneurs qui partagent les mêmes problématiques. Cela crée des synergies et nous donne aussi une visibilité importante, que ce soit auprès des acteurs du secteur, des agriculteurs ou des décideurs politiques. »
Le pôle contribue également à faciliter la participation d’Agricells à des projets européens et à des événements internationaux du secteur, tout en soutenant des initiatives structurantes comme le futur Agri-Biotech Park, destiné à renforcer l’écosystème agribiotech wallon.
Cet article fait partie du Dossier "Wagralim en soutien à l'écosystème des Biosolutions". Retrouvez les autres articles :
