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Minagro : innover dans l’ombre des pesticides pour accélérer la transition agricole

28 février 2026


Quand on parle de transition vers une agriculture plus durable, l’attention se porte souvent sur les matières actives des pesticides ou des fertilisants. Pourtant, ces produits contiennent aussi toute une série d’ingrédients indispensables à leur efficacité : les coformulants. C’est sur ce segment stratégique, encore peu visible mais essentiel, que se positionne l’entreprise Minagro.

 « Quand on parle de pesticides, tout le monde se concentre sur la matière active. Pourtant, une grande partie de la performance du produit repose sur le reste de la formulation. Les coformulants assurent la stabilité, la conservation et la bonne application du produit sur la plante. Sans eux, la matière active ne pourrait tout simplement pas être utilisée efficacement. Aujourd’hui, comme pour les matières actives, la chimie des coformulants est elle aussi sous pression réglementaire et sociétale. Cela nous amène à repenser ces chimies et à développer de nouvelles solutions pour soutenir toutes les initiatives du secteur pour une agriculture performante et durable» explique Arnold de Maere, CEO de Minagro.
En travaillant sur ces composants, Minagro agit sur un levier souvent sous-estimé mais déterminant pour accompagner l'évolution du secteur.

Les coformulants, ces ingrédients invisibles mais essentiels

Les coformulants représentent une part importante des formulations agrochimiques, mais ils restent largement méconnus. Pourtant, ils sont indispensables pour garantir la performance des produits utilisés par les agriculteurs.

Ces ingrédients permettent par exemple de réduire le risque de lessivage en améliorant l’adhérence d’un pesticide sur la feuille, d’augmenter la performance grâce a une meilleure pénétration du produit dans la plante ou encore d’assurer la conservation d’une solution liquide.

En se concentrant sur ces molécules, Minagro développe des alternatives capables de s’intégrer aussi bien dans les formulations existantes que dans les innovations de demain et les nouvelles matières actives. La preuve de cet intérêt : plus d’une centaine d’entreprises agrochimiques testent aujourd’hui les solutions développées par la start-up. 

Quand la réglementation et la pression sociétale deviennent un moteur de la transition

L’un des principaux moteurs de la transition dans ce domaine est l’évolution de la pression sociétale et du cadre réglementaire européen. De nombreuses molécules utilisées historiquement sont aujourd’hui remises en question en raison de leur impact environnemental ou de leur toxicité.

« Les coformulants sont un peu la partie invisible des pesticides, mais elle  est aussi aujourd’hui sous pression réglementaire », souligne Arnold de Maere. « On retrouve encore des polymères non biodégradables, certains solvants toxiques ou des conservateurs problématiques. L’Europe pousse aujourd’hui clairement l’industrie à repenser ces molécules. »


Minagro innove ainsi en développant des alternatives plus durables pour remplacer ces ingrédients et soutenir la transition du secteur.

« L’objectif est de proposer des solutions qui assurent une performance comparable aux ingrédients traditionnels mais avec un profil de durabilité plus favorable », précise Arnold de Maere

Changer les formulations sans bouleverser l’industrie

La stratégie de Minagro repose sur une approche pragmatique de la transition. Plutôt que de transformer radicalement les produits existants, l’entreprise propose des alternatives qui peuvent être facilement intégrées par l’industrie agrochimique.

« Pour nos clients, ce n’est pas disruptif », explique Arnold de Maere. « Ils remplacent simplement un ingrédient par un autre dans leur recette. Le produit final reste le même, mais avec des composants moins toxiques ou plus durables. »

Cette approche permet d’accompagner la transformation progressive du secteur agrochimique.

«Plutôt que de bouleverser immédiatement les procédés existants, nous développons d’abord des alternatives plus sûres, que l’industrie peut adopter avec un impact financier limité. L’idée est d’accompagner nos clients en leur proposant plusieurs niveaux d’alternatives adaptés à leur stratégie de transition : un ingrédient plus sûr, sa version biosourcée, voire, à terme, un ingrédient compatible avec l’agriculture biologique », explique Coralie Misson, R&D Manager de Minagro.

Innover dans un secteur où le temps réglementaire est long

Si les opportunités sont nombreuses, l’innovation dans l’agrochimie reste confrontée à un cadre réglementaire particulièrement exigeant.

« Dans l’agrochimie, développer une innovation est un marathon », explique Arnold de Maere. « Entre le développement, les tests et l’enregistrement réglementaire, mettre un produit sur le marché peut prendre sept ans ou plus. Et parfois, même remplacer un ingrédient dans une formulation peut coûter des millions rien qu’en démarches réglementaires. »  

Cette réalité freine clairement l’adoption d’innovations pourtant disponibles et plus durables. De plus, une fois qu’un produit est homologué, les industriels hésitent souvent à modifier leur formulation en raison des démarches administratives et des coûts associés.

Dans ce contexte, les collaborations et les projets de recherche jouent un rôle essentiel pour soutenir l’innovation sur le long terme.

« Le régulatoire suit toujours l’innovation », observe Arnold de Maere. « L’innovation arrive d’abord, puis la réglementation s’adapte. Mais aujourd’hui, la difficulté, c'est que le régulatoire dépend de tellement de niveaux de pouvoir différents qu’ il ne s'adapte pas assez vite. Lors de la crise COVID, on a pu sortir un vaccin en un temps record parce qu'il y avait une urgence sanitaire. Ici, il y a une urgence écologique et le cadre régulatoire doit s’adapter aux nouvelles technologies qui se développent afin de proposer des solutions aux agriculteurs européens ».


Wagralim, un acteur structurant dans l'évolution de  Minagro

Minagro fait partie de l’écosystème Wagralim et participe notamment au groupe de travail AgriBioCare, qui rassemble plusieurs entreprises et acteurs de la recherche actifs dans les biosolutions agricoles.

Pour Arnold de Maere, ces dynamiques collectives sont essentielles dans un secteur où les cycles d’innovation sont particulièrement longs. 

« Une start-up de biosolutions ne sort pas d’un garage. Elle s’appuie toujours sur un écosystème d’universités, de centres de recherche et d’entreprises. »

Le pôle de compétitivité a également joué un rôle structurant dans l’évolution de Minagro, notamment lors de son développement en tant qu’entreprise indépendante. Le projet de recherche Seed2Seed, soutenu par Wagralim, a permis de structurer la feuille de route technologique de l’entreprise et de renforcer ses collaborations scientifiques.

En favorisant les projets collaboratifs et les échanges entre acteurs du secteur, Wagralim contribue ainsi à structurer un écosystème d’innovation autour des biosolutions en Wallonie.


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